La France pèse encore lourd dans l’économie mondiale

La France reste une place forte de l’économie mondiale. Sixième puissance avec une petite avance sur l’Inde, elle lutte avec le Royaume-Uni pour la cinquième place. Un rang qui devrait, d’ailleurs, bientôt lui revenir à la faveur de la chute de la livre sterling entrainée par le Brexit. Pour un pays qui rassemble moins de 1% de la population mondiale et dont le territoire représente 0,45% de la surface totale, ce n’est finalement pas si mal.

La France n’est pas le pays qui a le plus chuté

C’est certain, l’économie française a cédé du terrain. Il y a 20 ans elle se situait en 4ème position. Mais l’idée que, des économies avancées, c’est elle qui en perdu le plus est totalement fausse. En valeur absolue, ce sont le Japon et l’Allemagne qui ont le plus pali au-cours des deux dernières décennies. Ces deux puissances industrielles ont souffert de l’arrivée fracassante de la Chine sur la scène internationale. La France se situe, elle, en 4ème position des perdants.

Bien entendu, ce n’est pas le même sens de perdre un point de pourcentage quand on représente le quart du PIB mondial, comme les Etats-Unis, que lorsqu’on en rassemble seulement 5%, ce qui était le cas de la France au milieu des années 90. Mais même ainsi redressé, le déclassement de l’économie française est à relativiser.

Pourtant, le diagnostic le plus souvent posé et celui d’un pays qui tombe, voire qui sombre. Mais c’est à travers une lecture très incomplète des chiffres, une lecture le plus souvent limitée aux seules pertes de parts de marché de nos entreprises à l’extérieur.

6e plus gros exportateur

C’est vrai, la France, qui représentait encore près de 6,5% des exportations mondiales en valeur de biens et services au début des années 90, est tombée à 3,5%. En forçant le trait c’est une division par deux, même si l’hémorragie a été stoppée en fin de période. C’est vrai aussi, la France a plus perdu que les autres pays de l’OCDE.

Mais, ce n’est pas non-plus la Bérézina. Ce chiffre n’est pas très connu mais l’économie française reste la 6è puissance exportatrice mondiale. Certes, nos entreprises ne jouent pas en première division, un club très fermé constitué du trio formé par la Chine, les Etats-Unis et l’Allemagne. Mais c’est une vision trop réductrice de la puissance économique d’une nation.

4e puissance multinationale

Si la France demeure dans le haut du classement, c’est aussi parce qu’elle reste une puissance multinationale : au sommet de la hiérarchie mondiale, elle place encore 29 grands groupes dans le top 500 du classement du magazine américain Fortune en 2016, ce qui la situe entre le Japon et l’Allemagne. Mais avec une densité plus forte que les autres pays, puisqu’on dénombre un géant économique pour 2,2 millions d’habitants : c’est plus qu’aux Etats-Unis, capitale du capitalisme mondial !

Surtout, les champions français sont souvent leaders mondiaux dans leur domaine d’activité : Danone dans l’agro-alimentaire, Vinci dans le BTP, Essilor dans l’optique, les exemples ne manquent pas. Avec une caractéristique forte, à savoir que nos grands groupes produisent massivement directement à l’étranger : la production délocalisée représente 2,5 fois nos exports, contre 2,35 fois pour le Royaume-Uni, 1,45 pour l’Allemagne, 1,2 pour l’Italie, et 0,7 pour l’Espagne. Cela ne se voit pas dans la balance commerciale, mais c’est oublier qu’une partie revient sous forme de revenus et permet à la France d’éponger le déficit des transactions des biens et des services.

7e pays le plus attractif, Paris 2e pour l’implantation des sièges de multinationales

Enfin, dans le panorama mondial, la France reste attractive : selon la CNUCED, la France accueille avec près de 800 milliards de dollars sur son sol le 7ème stock mondial d’IDE entrants. Et Paris est la deuxième ville mondiale, derrière Tokyo, pour ce qui est de l’implantation de sièges sociaux de multinationales. Elle en accueille près de 500.

La France reste donc une place forte de l’économie mondiale. Bien entendu, cette position est attaquée et la politique de l’autruche serait le pire. Tout autant que nier nos atouts.

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