Macron et le choix de la mondialisation : les mesures incontournables

En élisant Emmanuel Macron, les Français ont clairement tourné le dos au repli sur soi et ont fait ce choix fort, même si c’est un choix par défaut pour certains, de l’ouverture de la France sur l’Europe et sur le monde. Il faut partir du principe que c’est un parti pris, mais pas un acharnement thérapeutique. Car la France a su, par moment, pleinement saisir les opportunités de la mondialisation, comme le montre l’évolution de nos parts de marché en volume par rapport à la demande mondiale qui nous est adressée.

Les mesures nécessaires pour renforcer la compétitivité

Le décrochage intervient après les années 2000. En fait c’est bien plus tard par rapport à Italie ou au Royaume-Uni, par exemple. On l’a aussi un peu vite oublié, mais la France n’a pas toujours joué perdant, et ce n’est finalement qu’à partir de 2007 que la balance courante est constamment devenue déficitaire. Les dernières évolutions tendent à prouver que rien n’est irrémédiable.

Ce choix de l’ouverture va, c’est certain, structurer la politique économique du prochain quinquennat autour de cet axe fort : permettre aux entreprises d’être compétitives dans un monde ouvert.

Cela passe inévitablement d’abord par des mesures visant à renforcer la compétitivité-prix. Cinq principaux leviers seront actionnés par le nouveau gouvernement.

• La baisse des charges. Ce chantier, largement ouvert sous la présidence Hollande, va se poursuivre. C’est une certitude, on en a d’ailleurs les prémisses, elles sont inscrites dans le programme de la République en Marche.

• La modération salariale. Ce n’est théoriquement pas du ressort du gouvernement, exception faite de l’emploi public, mais des entreprises. Mais il a deux moyens d’action : limiter la revalorisation du SMIC, qui se diffuse mécaniquement sur les salaires les plus proches, or 34% des Français ont un salaire compris entre 1 et 1,3 SMIC ; et diminuer les cotisations salariales, autrement dit consentir des hausses de pouvoir d’achat qui n’altèrent pas les comptes des entreprises.

• Promouvoir la flexibilité, avec comme point d’orgue une décentralisation des négociations sociales pour notamment permettre aux entreprises de pouvoir s’adapter au cas par cas à des conjonctures ou à des marchés spécifiques.

• Introduire plus de concurrence dans les services, toujours dans cette préoccupation de restaurer la compétitivité-coût, et avec cette idée que nos services sont plus coûteux et alourdissent la chaine des coûts. On touche là à la déréglementation des biens et des services, comme préconisé par les grandes instances internationales.

• Revoir notre politique de soutien à l’immobilier, dont on sait qu‘elle maintient les prix à haut niveau. Or c’est à la fois un élément important du coût fixe des entreprises et un facteur qui fait pression à la hausse sur les salaires.

Formation et fiscalité, les deux autres réformes à mener de front

Condition nécessaire pour sortir gagnant du choix fort de l’insertion dans la mondialisation, le rétablissement de la compétitivité-prix n’est pas une condition suffisante. Cela suppose en plus deux autres axes forts dans la conduite de la politique économique :

• La formation. Nul autre choix en effet pour s’imposer dans la compétition mondiale que de monter en gamme. Or, si les entreprises françaises peinent à moderniser leur capital, c’est aussi parce qu’elles ne trouvent pas une main-d’œuvre suffisamment qualifiée pour utiliser un capital sophistiqué. Ainsi, parmi les 28 pays étudiés par l’OCDE, la France se classe 21ème en matière de compétence de sa population active, derrière la quasi-totalité des pays comparables, du Japon à l’Allemagne en passant par le Royaume-Uni.

• Opter pour un réaménagement de notre fiscalité. La fiscalité ne peut plus se concentrer sur les facteurs les plus mobiles et devra mettre plus à contribution l’immobilier.

Il faut en avoir conscience, cette politique, ce sont des coûts supplémentaires, c’est un risque d’érosion de la base fiscale avec la modération salariale, et de perte de recettes sur les facteurs mobiles moins taxés. C’est aussi le risque de fragiliser la cohésion sociale. Bref, c’est une équation compliquée, difficilement compatible avec un objectif de déficit

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