Logement et immobilier : les clivages politiques

Un point fait consensus chez les principaux candidats à la présidentielle sur la future politique du logement : c’est l’abandon de l’objectif des 500 000 mises en chantiers par an. Et pour cause : tous les présidents et tous les ministres en charge du dossier s’y sont cassé les dents depuis 1981. Pourtant, le constat est unanime : les Français ont du mal à se loger, les loyers sont trop élevés et l’argent public est en partie gaspillé. Mais là s’arrêtent les points de convergence.

Encadrement des loyers, loi Pinel : des clivages très marqués

Parmi les nombreux points de divergence, trois sont particulièrement clivants. Le premier, le plus important, sur les rapports locatifs. Pour simplifier, le programme de François Fillon est favorable aux propriétaires bailleurs, ceux de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon aux locataires.

Le candidat LR veut notamment en finir avec la loi ALUR, l’encadrement des loyers et poursuivre la politique d’incitation à l’investissement locatif du type Pinel. C’est aussi la création d’un bail homologué à loyer modéré dans l’ancien pour faire le pont entre le logement social et le locatif privé. Soutenu par des avantages fiscaux (en fonction des loyers pratiqués), ce bail faciliterait les procédures d’expulsion mais serait moins exigeant en termes de demandes de garanties.

A gauche, l’encadrement des loyers serait, au contraire, renforcé. Benoît Hamon veut généraliser la mesure à toutes les zones tendues. Jean-Luc Mélenchon va plus loin, ambitionnant de faire reculer de 20% les loyers médians dans les zones tendues. La politique d’incitation à l’investissement locatif est aussi largement remise en cause. Chez le représentant du parti socialiste, c’est une évaluation générale de l’investissement Pinel, considéré comme « budgétivore », avant d’envisager sa poursuite. En attendant, il prône un moratoire. Plus clair, le candidat de la France Insoumise propose la suppression pure et simple de toutes les aides fiscales à l’investissement. C’est enfin, une hausse considérable pour les deux candidats de la taxation déjà en place des logements vacants.

Pour sa part, Emmanuel Macron est dans un entre-deux : l’encadrement des loyers sera évalué avant toute décision sur son éventuelle suppression, et le dispositif Pinel maintenu en l’état.

Quant au Front National, ses positions ne portent pas ou peu sur ces aspects et se situent, par exemple en matière de politique d’investissement locatif, dans la continuité.

Fiscalité du patrimoine : le statu quo n’est pas au programme

Second point d’achoppement, la fiscalité dans l’ancien. Pour François Fillon elle est trop pesante et nuit à la fluidité du marché. Il veut donc alléger les droits de mutation et milite pour un retour à l’exonération des plus-values après 15 ans.

Marine Le Pen envisage, elle, de réduire de 10% les droits de mutation.

A gauche, autre son de cloche, notamment chez la France Insoumise où l’on milite pour une taxe progressive sur les hautes transactions immobilières.

De son côté, Emmanuel Macron veut stabiliser la fiscalité sur les plus-values et transformer l’ISF en un impôt sur la rente foncière. En clair, le candidat d’En Marche souhaite que l’ISF soit calculé sur la seule valeur du patrimoine immobilier, excluant de fait l’ensemble des valeurs mobilières.

Logement social : construire ou restreindre pour pallier les dysfonctionnements

Dernier point de clivage, le logement social. Là encore, les positions sont très tranchées. C’est à gauche que ce volet est le plus développé.

Pour la France Insoumise, c’est le plafonnement du loyer HLM à 20% des revenus des locataires, et la mise en place d’une sécurité sociale du logement avec une garantie universelle des loyers. C’est la mesure phare du programme de Jean-Luc Mélenchon : il s’agit de créer un mécanisme permettant à la population d’avoir droit à un logement issu du parc social tout au long de sa vie. C’est aussi la construction de 200 000 logements sociaux par an.

Benoît Hamon ramène ce chiffre à 150 000 et s’engage à renforcer les sanctions à l’encontre des mairies peu respectueuses de la loi.

Chez Les Républicains, pour assurer plus de mouvement au sein du parc social, trois pistes sont explorées : la mise en place d’un bail de 6 ans dans les HLM ; l’abaissement du plafond de ressources donnant droit à un logement social ; et le déclenchement du surloyer de solidarité dès le plafond dépassé.

Quant à Marine Le Pen, elle veut donner la priorité aux Français en matière de logements sociaux.

Mal-logement chronique, aides publiques mal pilotées, fiscalité inadaptée, les politiques du logement sont un échec. Un thème fondamental qui n’alimente pourtant pas vraiment la campagne.

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