700.000 emplois créés sous Hollande : d’abord des petits jobs

540 000 créations nettes d’emplois en France depuis l’arrivée de François Hollande au pouvoir. C’est le bilan étonnamment le moins commenté de son action. 540 000 à ce jour, qui pourraient s’élever à près de 700 000 si la hausse de l’emploi continue sur le rythme de progression que l’on observe depuis trois trimestres. On a bien sûr d’abord en tête les 550 000 chômeurs supplémentaires de catégorie A sur la même période. Il n’y a là aucun paradoxe. Seulement le constat que les 540 000 emplois supplémentaires n’ont pas été suffisants pour absorber la hausse de la population active.

Arrêtons-nous sur ce chiffre des créations nettes d’emplois. Il est assez remarquable. Car le président à la peine sur le plan du chômage est à certains égards un champion de la création nette d’emploi. Non pas en variation absolue. Si je compare la performance de François Hollande à celle de son prédécesseur, son bilan est faussement flatteur. Le séisme économique de 2008 fausse la comparaison. Si je le compare à celui des années Chirac, Raffarin, Villepin, il s’en rapproche. Mais Lionel Jospin reste incontestablement le champion toutes catégories. Là où le bilan Hollande peut paraître remarquable, c’est qu’il se rapproche des performances des années Rocard-Bérégovoy, ou de celles de Raffarin-Villepin avec pour arrière-plan une croissance de 0,7 % quand cette dernière naviguait à 2,7 % en moyenne sous la période Rocard Bérégovoy, et à 2% sous Raffarin-Villepin. Disons alors plus précisément que Hollande peut se considérer comme un champion du contenu en emplois de la croissance. Et que son véritable échec, ce n’est pas le chômage, mais bien la croissance.

Mais il faut s’interroger alors sur le véritable contenu en emplois du filet de croissance des années Hollande. Focalisons-nous sur l’emploi salarié. Là, le bilan apparaît immédiatement beaucoup moins reluisant. Et beaucoup plus conforme aux écarts de croissance. Car ce qui a particulièrement augmenté sous l’ère Hollande, ce sont les emplois de non-salariés : + 280 000. En fait l’auto-entrepreneuriat. Qui pour sa grande majorité recouvre des emplois free-lance de durées courtes et entérine le fait que l’emploi intermittent se développe dans notre économie. On peut explorer d’autres catégories encore. Par exemple l’emploi intérimaire, qui progresse de 88 000 sur la période. Ou noter la montée concomitante du nombre de chômeurs de catégorie B et C en activité réduite : + 570 000.

Hollande a bien un bilan quantitatif en termes d’emplois, qui mérite d’être souligné. Mais le contenu de cet emploi en dit long sur la doctrine Hollande-Macron, qui fut celle de Schröder en son temps : « Mieux vaut un petit job que pas d’emploi du tout ». La France, en important les remèdes des autres, finit par produire les résultats des autres. Elle facilite le déversement sur les services peu qualifiés. Elle fabrique du mini-job… mais rien de plus. Avec, finalement, des effets quantitatifs tangibles au plan macro, mais peu de croissance et peu de productivité à la clé.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s