L’Allemagne va stimuler la croissance européenne en 2017

La locomotive allemande est proche de l’arrêt et c’est l’Europe entière qui avance au ralenti. Une Europe inquiète sur la capacité de sa première puissance économique à reprendre les rênes de la croissance. Surtout que les derniers indicateurs pointent tous dans le sens d’un nouveau passage à vide. C’est ce qu’anticipent les analystes et les investisseurs à travers l’indicateur ZEW qui est proche de la frontière séparant les pessimistes des optimistes ou de l’indice Ifo du climat des affaires.

Même le secteur manufacturier, point fort de l’économie allemande, montre des signes de faiblesses. De son côté, la consommation des ménages manque elle aussi d’entrain, comme le montre l’évolution des ventes au détail. Des ventes qui ralentissent et peinent à rester au-dessus des 2% de croissance. Difficile dans ces conditions pour l’économie de tourner à plus de 0,3% de croissance sur un trimestre (soit 1,2% sur un an). C’est très décevant.Faut-il pour autant enterrer tout espoir d’accélération de la croissance en 2017, une accélération suffisamment franche pour tirer le train de la reprise européenne ?

Et bien non, au moins pour quatre raisons.

Il y a d’abord le contexte international. C’est certainement le point le plus fragile de l’analyse. Car, c’est un euphémisme, la croissance et le commerce mondial ne sont pas très flamboyants. Mais le point bas a été dépassé ou va l’être et plusieurs économies émergentes sont en voie de stabilisation. De même, après un premier semestre très décevant, les Etats-Unis semblent prêts à accélérer à nouveau. Il ne faut pas s’attendre à un miracle, mais le simple arrêt de la dégradation ouvre des perspectives un peu plus dynamiques aux exportations allemandes.

Autre facteur favorable, les revalorisations salariales. Et là, c’est du solide ! Après les importantes hausses accordées cette année à de nombreux salariés, 2017 sera une nouvelle année faste. Les négociations salariales collectives dans la métallurgie ont ainsi conduit à un accord de revalorisation de 4,8% sur deux ans pour environ 3,8 millions de salariés. Dans le secteur public, 2 millions de personnes seront concernées par une hausse de salaire de 2,4% cette année et la suivante. Enfin, dans le secteur de la construction, quelque 750 000 personnes verront leur salaire augmenter également de 2,4% durant deux années consécutives.

Bien entendu tout ne va pas se retrouver dans les circuits de distribution. Les taux zéro et le faible rendement des actifs poussent les futurs retraités à épargner plus. De même, la poussée de l’inflation (même très légère) va grignoter le pouvoir d’achat. Mais c’est sans compter l’atout maître du gouvernement Merkel : la cagnotte budgétaire. Vu de France, c’est de la science-fiction, mais l’excédent budgétaire de l’Allemagne dépassait 19 milliards d’euros en 2015 et sera certainement bien supérieur cette année. De quoi être généreux avec les ménages à la veille des élections législatives. Et il y a fort à parier que le gouvernement n’attendra pas le résultat des élections de l’automne 2017 pour agir.

Autre facteur d’espoir, le choc démographique. L’Allemagne est devenue une terre d’accueil et sa population croît désormais rapidement, très rapidement : plus de 2 millions de personnes en plus depuis le 1er trimestre 2013 avec une nette accélération en fin de période. Ce sont des travailleurs en plus, des consommateurs en plus, de la croissance en plus.

Quatre arguments forts qui laissent espérer une nouvelle accélération de la croissance allemande et qui du coup ouvrent une éclaircie dans le ciel nuageux européen.

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