L’insolente santé de l’économie américaine

Les derniers indicateurs concernant l’état de santé de l’économie américaine ont inquiété. Mais cette bouffée de pessimisme a finalement de quoi surprendre. Il y a d’abord une crispation excessive autour du nombre des créations d’emplois. A 151 000 en août, elles sont en dessous du consensus qui les plaçait à 180 000 et en net retrait par rapport aux niveaux des deux mois précédents. Le constat est juste, mais il faut aller plus loin.

D’abord, août est toujours un mois compliqué et souvent en décélération. C’est pourquoi mieux vaut calculer une moyenne sur 3 mois pour dénicher la tendance. Et là changement de décor, l’impression laissée n’est plus du tout la même, la Job machine est bien relancée.

Ensuite, à force de se focaliser sur les seules variations mensuelles de l’emploi, on en oublierait presque la question essentielle : combien d’emplois les Etats-Unis ont-ils besoin de créer ? En effet, l’économie américaine n’est plus très loin du plein emploi, comme le montre l’évolution du taux de chômage maintenant bien ancré en dessous de 5%, c’est-à-dire le niveau moyen d’avant la grande crise de 2008-2009, même si la chute du taux de participation au marché du travail créé du flou autour du « vrai » taux de chômage. Mais, lorsque le chômage est proche de son niveau structurel alors la croissance de l’emploi tend à se rapprocher de celle de la population active qui est légèrement supérieur à 110 000 par mois.

Autres sujets de préoccupations : les fameux PMI. Une valeur supérieure à 50 traduit une expansion de l’activité et un indice inférieur, une contraction. Plus cet indicateur s’éloigne des 50 et plus le rythme d’expansion ou de contraction de l’activité est important. L’impression une fois de plus laissé par le mois d’août est une fragilisation de l’économie dès lors que l’on s’arrête sur ce dernier point. Prendre un peu de hauteur, c’est-à-dire en faisant une nouvelle fois la moyenne sur 3 mois, permet de relativiser pour le moins l’impression de décrochage.

D’autant qu’il n’y pas non plus que des mauvaises nouvelles. Le moral des consommateurs est au beau fixe. Le dernier point est bon, au plus haut depuis septembre 2015 et la tendance est bonne aussi et de plus en plus d’Américains anticipent une hausse de leurs revenus. C’est fondamental quand on connaît l’importance de la contribution de la consommation au PIB. Une consommation en forte hausse au 2ème trimestre qui a continué sur sa lancée et au rythme actuel, le 3ème trimestre s’annonce du même acabit que le deuxième. Bien entendu, la hausse des salaires tourne autour de 2,5% et peine à passer à la vitesse supérieure depuis plusieurs mois maintenant. De quoi susciter l’inquiétude sur la capacité des ménages à maintenir le rythme de leurs dépenses. Mais c’est oublier un peu vite le retour des effets richesses.

Les prix de l’immobilier n’ont peut-être toujours pas retrouvé leurs sommets historiques d’avant crise, mais ils sont en hausse quasi permanente depuis début 2012 et ils ont repris 38% depuis leur dernier point bas.

Du côté de la Bourse, c’est encore mieux : l’indice Dow Jones a retrouvé puis dépassé son pic historique et compte tenu de la faiblesse des taux et du niveau des cours, il y a de la place pour de nouvelles hausses ces prochains mois. C’est bon pour les finances des ménages mais aussi pour les entreprises.

Avec une demande soutenue, une remontée de l’utilisation des moyens de production ce qui se profile maintenant aux Etats-Unis c’est une accélération de la productivité, une restauration de la profitabilité des entreprises, une hausse des actions et une progression plus rapide des salaires c’est cet enchainement qu’il faut surveiller pour poser le diagnostic définitif d’une accélération de la croissance américaine et une reprise des rênes de la croissance des grands pays avances.

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