Signaux d’alerte sur l’économie

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C’est une rentrée de tous les dangers pour l’économie française. Il y a d’abord le contexte européen. Au Royaume-Uni, le Brexit n’a pas encore réellement commencé que déjà les premières fissures apparaissent dans l’immobilier, le principal pilier de la croissance britannique. Et s’il est encore possible de se raccrocher aux indicateurs les plus récents comme les ventes au détail où l’évolution du marché du travail, cela n’est qu’une question de temps : la croissance va se dérober de l’autre-côté de la Manche avec ses conséquences en cascades sur ses principaux partenaires.

En Allemagne c’est la douche froide. La croissance a quasiment été divisée par deux entre le 2ème et le 1er trimestre et l’indice ifo qui donne le « La » de la conjoncture outre-Rhin a violement décroché en août pour tomber à son plus bas niveau depuis 6 mois. Et ce n’est pas tant les conditions actuelles d’activité que leurs perspectives d’évolution qui sont inquiétantes. En Italie, les banques sont plombées par les créances douteuses et le référendum constitutionnel prévu cet automne rajoute de l’incertitude politique dans un pays où la croissance a déjà calé au 2ème trimestre. Quant à l’Espagne, après 8 mois de crise politique, dont l’issue semble proche, il est clair que la position de Mariano Rajoy est durablement fragilisée, et qu’après une année de trêve le corset budgétaire va à nouveau se refermer sur l’économie. Plus loin, le Japon est à l’arrêt et la croissance a déçu aux Etats-Unis, sans parler des émergents toujours empêtrés dans les plus grandes difficultés.

S’il fait froid à l’extérieur, qu’en est-il à l’intérieur ? Et bien, ce n’est pas mieux. Après un mois de juin miné par les grèves et une météo détestable, c’était inscrit, la machine devait naturellement se remettre en marche, le retard pris être très vite comblé avant une accélération décisive de la croissance à partir de septembre. Les enquêtes de conjoncture en juillet validaient cette hypothèse. Le problème c’est que celles d’août l’invalident totalement. Bien entendu, il faut intégrer dans ce retournement l’impact de l’attentat du 14 juillet à Nice, notamment dans le secteur de l’hébergement-restauration qui décroche et confirme une saison touristique ratée.

Mais le mal est plus profond. Le détail des enquêtes de conjoncture montrent une dégradation générale des perspectives d’activité pour les trois prochains mois : le solde d’opinion correspondant perd deux points dans le commerce de détail, trois dans l’industrie (et même 10 sur les deux derniers mois), le bâtiment ressort à -9. En fait seul les services semblent devoir se stabiliser : c’est trop peu pour espérer une accélération de l’économie française. Un autre signe qui ne trompe pas : les stocks s’allègent. Non pas que les chefs d’entreprise aient été pris à contre-pied par une remontée brutale des commandes, mais bien parce que les craintes sur l’activité à venir les pousse à jouer la montre donc à puiser dans leur réserve plutôt que de produire. Et cette prudence va se retrouver dans l’investissement et les embauches.

A cela s’ajoute deux éléments à prendre en compte d’ici la fin de l’année. Le premier est transversale à toutes les économies développées et concerne la fin des effets bénéfiques du contre-choc pétrolier : il suffit de superposer l’évolution mensuelle du cours du brut en euros en 2015 avec celle de 2016 pour s’en rendre compte. Les courbes sont sur le point de se croiser : ce n’est pas bon pour le pouvoir d’achat des ménages, ce n’est pas bon pour le taux de marge des entreprises. Le deuxième élément est spécifique à la France : l’approche des présidentielles. On le sait, la période pré-électorale rend les entreprises frileuses. Surtout que l’issue du scrutin est très incertaine et qu’une redistribution totales des cartes est probable… et il faudrait encore ajouter le climat social avec le risque de nouvelles manifestions contre la loi travail. Décidément, la rentrée s’annonce très périlleuse pour l’économie française

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