Valls veut gagner le bras de fer européen pour relancer la croissance

Valls veut gagner le bras de fer européen pour relancer la croissance

Derrière l’apparence du « changement dans la continuité », le discours de politique générale de Manuel Valls, marque une vraie rupture, en déplaçant le jeu au niveau européen.

Ce n’est pas dans les précisions données sur les arbitrages fiscaux, pour la plupart attendus, ni même dans les annonces fracassantes concernant la réforme du mille-feuille territorial, qu’il faut chercher l’évènement. Non c’est dans la voie proposée pour rééquilibrer les comptes publics sans compromettre la croissance, sans provoquer une évaporation de l’assiette fiscale. Le risque est en effet réel.

Ce risque, il propose de le déjouer. D’abord par le non-dit qui découle des arbitrages budgétaires annoncés. En l’état, la France n’atteindra pas la cible des 3 % en 2015 : 15 milliards de baisse d’impôts supplémentaires dès 2015 (entre la deuxième tranche du CICE, la suppression partielle de la taxe sur le chiffre d’affaire des entreprises et la baisses des cotisations salariales au niveau du SMIC), face à 20 milliards de baisse des dépenses. Le calcul est vite fait. Elle ne sera pas plus atteinte en 2017, puisque face aux 50 milliards de baisse de la dépense, près de 45 milliards de baisse des prélèvements sont programmés.

Cela veut dire que Manuel Valls entend engager un bras de fer avec l’Europe pour relancer la croissance. Le rééquilibrage des comptes se fera par la croissance  européenne ou ne se fera pas. C’est le deal qu’il offre à l’Europe. La BCE est notamment désignée comme co-responsable des déséquilibres publics en exposant les entreprises européennes à une surévaluation du change de l’ordre de 10 %. Il aurait pu également incriminer la Banque centrale qui en ne respectant pas une cible de 2 % d’inflation aggrave mécaniquement les déséquilibres publics et complique les ajustements internes.

Manuel Valls était attendu pour sa fermeté. Mais c’est au fond la méthode du dialogue qu’il a mise en avant en interne. Il entend en revanche monnayer les efforts de rationalisation de la dépense au plan européen. Et c’est sur ce plan, que sa force de conviction et sa fermeté par rapport à nos partenaires européens sera décisif dans la réussite sa stratégie.

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