Quelques facteurs comptables de hausse du chômage en janvier

La légère augmentation des chômeurs de catégorie « A », en janvier comme en décembre derniers, confirme la tendance. Il y a bien un net ralentissement de la hausse du chômage depuis la mi-2013 mais pas encore de stabilisation. La dérive haussière est de 8000 à 9000 en moyenne mensuelle sur décembre et janvier, et de l’ordre de 5000 à 7 000 sur 6 mois.

Graphique

D’où provient cette hausse résiduelle du chômage ?

  • La dynamique de l’emploi au dernier trimestre pouvait suggérer une stabilisation, voire une baisse possible du chômage, puisque l’INSEE a dénombré 14 700 créations d’emplois dans le les secteurs marchands non agricole au dernier trimestre 2013, après une baisse de 15 600 au troisième trimestre. Une hausse qui combine un rebond de l’intérim : + 23800 au dernier trimestre et une baisse de 9000 des emplois permanents. La persistance de la hausse du chômage suggère donc que la première « évaluation flash » de l’INSEE est peut-être trop optimiste et sera révisée à la baisse, ou que la population active progresse encore assez fortement.
  • La hausse persistante du chômage peut  provenir également de certaines zones grises de l’emploi. Notamment de l’emploi à domicile dont le volume d’heures déclarées était encore en baisse de 4,5 % sur un an au troisième trimestre selon l’ACOSS.
  • Enfin, le retard à l’allumage de l’emploi aidé continue à peser sur la dynamique du chômage. Fin novembre, la DARES estimait à 66 700 le nombre des emplois d’avenir (dans les secteurs marchands et non marchands). Assez loin des 100 000 visés par le gouvernement. Par ailleurs d’autres gros bataillons d’emplois aidés sont en recul cette année. C’est le cas des contrats en alternance (570 000 fin décembre, y compris les contrats de professionnalisation), qui régressent de 38 000 sur un an. Sur d’autres catégories d’emplois aidés comme le CIVIS (contrat d’insertion dans la vie sociale), les données ne sont pas encore disponibles. Il n’est pas exclu que dans sa globalité, l’emploi aidé n’ait probablement pas ou a peu augmenté sur un an.

Plus les mois passent, plus l’échec gouvernemental concernant le chômage apparaît lié au fait qu’il a négligé plusieurs compartiments importants de l’emploi aidé, notamment celui de l’alternance. En allumant un moteur, il a négligé les autres. Cette approche étroite lui a fait manquer finalement de peu une cible qui apparaît a posteriori atteignable.

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