Une reprise par l’investissement est-ce possible ?

Commentaire d’actualité

Pour consulter l’enquête de l’INSEE sur les investissements dans l’industrie (janvier 2014) cliquez ici (INSEE, 06/02/2014).

Une reprise par l’investissement est-ce possible ? Pour 2014, les chefs d’entreprise des industries manufacturières prévoient désormais une augmentation de leur investissement de 3% en valeur après une baisse de 7 % en 2013. Ils ont surtout revu de 5 points à la hausse (dans tous les secteurs, à l’exception du matériel de transport) leur première estimation émise en octobre dernier pour 2014. Or, ce sont le révisons de l’enquête entre deux périodes qui sont au diapason de l’investissement. Cet indicateur est bien corrélé avec la variation trimestrielle de la formation brute de capital fixe des entreprises non financières. Il laisse ainsi attendre une reprise de l’investissement de ces entreprises dès le premier trimestre 2014. Ce retournement haussier est en phase avec les enquêtes de climat auprès de l’industrie, qui confirment bien qu’un mouvement lent de reprise de l’activité se dessine. Mais il peut sembler prématuré au regard de la timidité du mouvement et du niveau particulièrement faible des taux de marge et de l’utilisation des capacités installées.

L’accélération de l’investissement, sans demande porteuse est pourtant transitoirement possible. Car il y a d’abord derrière les retournements cycliques une loi physique simple : le besoin de renouvellement du parc. Un certain nombre de dépenses ne peuvent être éternellement différées sous peine d’enrayer la bonne marche de l’économie. Un mouvement que favorise le faible étiage des taux d’intérêt à ce stade du cycle. Cette loi physique s’applique tout particulièrement aux entreprises. En période de crise, les entreprises savent qu’elles ne peuvent se contenter éternellement de faire le dos rond. Les biens d’équipement ont une de durée de vie qui s’étage de 3 à 15 ans en général. Un prolongement de la durée de vie du matériel ne peut tenir lieu de stratégie durable. Après 5 à 6 années de baisse ou de gel des projets le renouvellement devient une nécessité.Une nécessité d’autant plus marquée que le poids des équipements informationnels à obsolescence accélérée ne cesse d’augmenter.

Mais au-delà de cette nécessité physique, les entreprises ne peuvent se contenter d’attendre la demande. Elles doivent la générer.  Elles la suscitent alors par un renouvellement de gamme, pour celles qui en ont la capacité. Les entreprises ne sont certes pas toutes dans cette problématique, mais leur poids relatif augmente quand la stratégie attentiste s’avère à la longue plus dangereuse que celle de l’offensive. Nous en sommes là aujourd’hui.

Il y a enfin la formidable accélération de l’histoire en matière technologique. En 5 ans, c’est à un véritable bouleversement auxquels sont confrontés certains secteurs. Des évolutions, jusqu’ici latentes, se diffusent à rythme accéléré. Les entreprises industrielles doivent relever le défi de l’intelligence embarquée, des objets connectés, celles du Big data, celle la révolution de la logistique. Non que ces questions ne se posaient pas en 2008.Mais la diffusion des technologies au sein de la concurrence, contraint leur adoption par le plus grand nombre, au risque de la marginalisation et du déclassement.

Fort de ces nécessités physiques et technologiques, l’observation des cycles d’investissement délivrent un message clair. Ils sont plus ou moins longs. Mais au bout de 5 à 6 ans de récession et de blocage, l’investissement connaît systématiquement une accélération. Voilà pourquoi la stabilisation qui se dessine aujourd’hui a toutes les chances n’inaugurer une phase de reprise soutenue de l’investissement. Alors même que le CICE commencera à faire sentir ses effets sur les marges à partir d’avril. Dans ces périodes la dynamique propulse la demande de biens d’équipement sur des rythmes voisins de 10 %. Le mouvement qui peut contribuer à lui seul à 1 point de croissance supplémentaire.

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La poursuite, l’amplification de ce mouvement dépend notamment de sa propagation aux autres secteurs et aux autres composantes de la demande. C’est là le point sombre de l’économie française. La diffusion de la reprise est aujourd’hui freinée par les tendances déflationnistes qui s’étendent aux secteurs de service, plus directement en prise avec l’atonie du marché intérieur hexagonal et européen. Il y a aujourd’hui un découplage prononcé entre les activités secondaires et tertiaires qui pourrait constituer un frein à une reprise franche de l’investissement au plan national.

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