La balance des paiements de novembre 2013

Commentaire d’actualité

Pour consulter La balance des paiements France (novembre 2013) de la Banque de France, cliquez ici (Banque de France, 14/01/2014). 

Le solde de la balance des transactions courantes est en sensible amélioration depuis 3 mois après un épisode de dégradation entre avril et septembre 2013. En arrière-plan de cette amélioration récente, on trouve une réduction du déficit c des échanges de biens. Cet élément nuance les derniers signaux négatifs qui ressortent des données douanières concernant la balance commerciale. Les données de la balance des paiements intègrent en effet le travail à façon, c’est-à-dire une composante de la sous-traitance pour l’exportation que la balance commerciale ne prend pas en compte. Au regard de cet élément, il semble bien que l’embellie de conjoncture internationale imprime bien sa marque positive sur les échanges extérieurs de la France. Là où la France paraissait rechuter au cours de 2013, il semble plutôt que la position hexagonale se stabilise en profil sur l’ensemble de 2013.

Une autre tendance forte soulève l’attention. Celle du reflux des investissements directs entrant sur le territoire, combiné au très net ralentissement des investissements français à l’étranger. Faut-il y voir la marque d’un début de renationalisation/relocalisation des enjeux de production ? Ou bien celle d’un affaiblissement de l’attractivité et des capacités d’internationalisation de l’économie ?

France : IDE entrants et sortants, en cumul sur 12 mois, milliards d’euros

IDE entrants et sortants

Sources : FERI, BdF

Il est à craindre que la seconde hypothèse soit la bonne. En ce début de reprise européenne, il semble que les investisseurs étrangers, affaiblis jusqu’ici par la crise, reprennent plus rapidement le chemin des marchés allemand et espagnol. La France qui était tendanciellement la première ou seconde destination européenne des IDE étrangers avant la crise est reléguée aujourd’hui derrière ces deux économies, ce qui pourrait témoigner d’un handicap renforcé de compétitivité et d’attractivité du à l’issue de la crise.

Investissements directs entrants, en cumul sur 12 mois, milliards d’euros

 Investissements directs entrants

Source : FERI

Les très fort reflux de l’investissement international de la France vers l’étranger est également préoccupant, car il est en phase avec la dégradation continue de la profitabilité des entreprises dont témoigne le très faible taux de marge au troisième trimestre de 2013. Il est en phase également avec la relativement faible valorisation des actions françaises par rapport aux bourses anglo-saxonnes. Autrement dit, la crise risque d’avoir entamé le potentiel d’internationalisation français, selon un mode plus subi que volontaire.

Olivier Passet

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